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Chaos...
Au cours de son histoire, la physique théorique s'était déjà trouvée confrontée à la description de systèmes complexes macroscopiques, comme un volume de gaz ou de liquide, mais la difficulté à décrire de tels systèmes semblait découler du très grand nombre de degrés de liberté internes du système à l'échelle microscopique (atomes, molécules). La mécanique statistique avait dans ce cas permis de rendre compte de façon satisfaisante des propriétés macroscopiques de ces systèmes à l'équilibre. Ce fut donc une grande surprise lorsqu'on s'aperçut à la fin du XIXe siècle qu'une dynamique d'une grande complexité pouvait résulter d'un système simple possédant un très petit nombre de degrés de liberté, pourvu qu'il possède cette propriété de sensibilité aux conditions initiales (d'une part, le phénomène de sensibilité aux conditions initiales et, d'autre part, une forte récurrence). La théorie du chaos s'attache principalement à la description de ces systèmes à petit nombre de degrés de liberté, souvent très simples à définir, mais dont la dynamique nous apparaît comme très désordonnée. (sources wikipedia.fr)
Cette théorie que l'on attribue un peu trop rapidement à Edward Lorenz, professeur de mathématique au Massachusetts Institut of Technologie a été, en réalité, mise en évidence par Henri Poincaré (1854 - 1912), mathématicien, ingénieur des mines et philosophe : « Une cause très petite, qui nous échappe, détermine un effet considérable que nous ne pouvons pas ne pas voir, et alors nous disons que cet effet est dû au hasard. Si nous connaissions exactement les lois de la nature et la situation de l'univers à l'instant initial, nous pourrions prédire exactement la situation de ce même univers à un instant ultérieur. Mais, lors même que les lois naturelles n'auraient plus de secret pour nous, nous ne pourrions connaître la situation initiale qu'approximativement. Si cela nous permet de prévoir la situation ultérieure avec la même approximation, c'est tout ce qu'il nous faut, nous disons que le phénomène a été prévu, qu'il est régi par des lois ; mais il n'en est pas toujours ainsi, il peut arriver que de petites différences dans les conditions initiales en engendrent de très grandes dans les phénomènes finaux ; une petite erreur sur les premières produirait une erreur énorme sur les derniers. La prédiction devient impossible et nous avons le phénomène fortuit. »
Après un réveil nocturne et quelques heures de lecture intense, j'enlève mes lunettes correctrices, geste insignifiant au demeurant, et sors en quête d'air frais, un vieux chapeau de paille élimé aux commissures de ma chevelure. Dans la moiteur de ce matin d'été, je divague, évanescente, dans les rues encore endormies. Au détour d'un carrefour silencieux, j'aperçois le premier être humain de cette nouvelle journée, un homme arborant sous le bras gauche un parapluie rouge vif attirant le regard. Nous sommes donc deux à cet instant précis à rechercher une fraîcheur illusoire. Arrivé à ma hauteur, l'homme ordinaire m'interpelle poliment : "bonjour, excusez-moi de vous importuner, mais n'auriez-vous pas croisé, il y a quelques secondes à peine, une jeune femme élancée, vêtue d'une robe et de souliers rouges ? " Non, je n'ai rien vu, ni rien entendu. Je me contentais d'errer au gré de ma fantaisie, sans autre but que de m'aérer en rêvant et réciproquement d'ailleurs ; mes pensées voyageant à une allure vertigineuse, d'agitations professionnelles en espoirs surréalistes, d'allégories mystérieuses en authentiques absences, je marchais, m'imprégnant tout simplement de l'humeur du jour naissant.
L'homme semble désabusé... mais accrocheur. Il réitère sa question mais, cette fois, il me toise tandis que son regard noircit. Étrange étranger, pourquoi vouloir à tout prix que nos chemins improbables aient pu s'entremêler là, sur ce trottoir désert, un dimanche matin d'été brûlant ? Je dois dégager une immense stupeur qui paraît malgré tout l'avoir atteint. Il se reprend l'ombre d'un instant et me demande à nouveau de l'excuser. Je ne sais de quoi mais, prudente, je le fais. Il insiste et m'explique qu'il doit absolument la retrouver car elle courre un danger imminent. Je ne comprends toujours pas et me demande ce que ces deux-là viennent faire dans mon existence ? Je n'ai pas pour habitude de m'occuper de la vie des autres parce que, tout bonnement, je ne supporte pas que l'on intervienne dans la mienne. Nos contemporains ont cette propension insondable qui me surprendra éternellement à nous imaginer forcément dans leur aventure. Quelle drôle d'idée...
Encore et toujours, il formule sa question initiale, telle une obsession. Je n'apprêtais à envisager un état pathologique quand, subitement, le ton change, son teint également. Il dégage brutalement le parapluie et le brandit dans ma direction. La menace est ferme et incontestable. Je recule instinctivement de deux pas mais trop tard car il se jette alors sur moi et plante, à plusieurs reprises, son arme dans mon ventre surpris. La couleur de son parapluie se confond avec mon sang chaud, dégoulinant en par filets ininterrompus. Je ne réalise pas tout de suite puisque je ne ressens rien, absolument rien, sur le moment à part peut-être mes jambes cédant sous mon poids devenu soudain accablant. Ai-je perdu connaissance ? difficile de le dire... Je suis allongée sur le sol, les yeux en l'air ne discernent plus l'ombre de l'inconnu de celle du ciel d'un bleu pur. Où suis-je ? aucun son ne parvient plus à ma conscience. Que m'arrive-t-il ? Je ne comprends toujours pas... La douleur se fait enfin sentir alors j'imagine que je respire encore. J'ai froid, très froid, mes os sont glacés, prêts à se rompre si ce n'est déjà fait....
Je ne saurai jamais comment ni pourquoi il m'a fallu rencontrer cet individu-là... Chaos d'une agression d'été inexpliquée... Je suis morte et à enterrer.
Pour aller plus loin sur la théorie du chaos :
Le Figaro.fr, du 2 septembre 2009, pourquoi parle-t-on de théorie du chaos ?
Le Devoir.com, théorie du chaos, l'effet papillon passionne les mathématiciens
Archive de lettre ouverte du 27 juillet 2007...
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